En 2024, Hermès dépasse pour la première fois Louis Vuitton en valeur de marque, selon le classement Brand Finance. L’écart se creuse avec Chanel, qui reste troisième malgré une croissance soutenue. Gucci recule sous l’effet d’un ralentissement mondial du marché du luxe, tandis que des acteurs moins connus, comme Rimowa ou Berluti, progressent à contre-courant de la tendance générale.
Certaines maisons historiques enregistrent une baisse de notoriété auprès des jeunes générations, au profit de labels émergents axés sur l’innovation ou la durabilité. Le classement révèle ainsi des disparités marquées entre popularité, prix et influence réelle.
Le marché du luxe en 2024 : entre tradition et nouvelles aspirations
Le marché du luxe ne connaît pas la retenue. Derrière les vitrines de Paris, Milan ou New York, les grandes maisons déploient un savoir-faire millimétré, jonglant entre respect du patrimoine et quête d’avant-garde. Louis Vuitton, fleuron du groupe LVMH, reste la marque haut de gamme la plus valorisée au monde en affichant 129,857 millions de dollars selon Kantar, et une croissance de 19 % sur l’année. Mais Hermès fait figure de phénomène : +48 % en 2023, portée par la rareté stratégique du sac Birkin et une politique d’exclusivité assumée.
Les chiffres 2024 maintiennent la France en tête. Chanel, fidèle à son indépendance, s’installe solidement sur le podium (60,152 millions de dollars). Son secret ? Des sacs matelassés devenus icônes, un parfum N°5 indétrônable, et une croissance de 30 % qui ne doit rien au hasard. Les groupes comme Kering continuent de jouer des coudes : Gucci atteint 23,820 millions de dollars et atteint ses objectifs 2022, malgré un climat économique globalement tendu.
Plusieurs maisons tirent leur épingle du jeu, comme le montre ce rapide tour d’horizon :
- Dior, rattachée à LVMH, bondit de 47 % depuis 2021, portée par des campagnes incarnées (Johnny Depp pour Sauvage) et une montée en gamme de l’accessoire.
- Cartier, bijoutier du groupe Richemont, enregistre une envolée : +51 % de valeur entre 2022 et 2023.
- Rolex conserve une place à part (9,099 millions de dollars), portée par l’engouement pour la montre de collection.
L’Europe, avec la France en première ligne, reste la référence absolue pour la mode de luxe. Les maisons historiques s’adaptent aux attentes de la clientèle asiatique et américaine, tout en réinventant leur identité. Selon Bain & Company, le secteur ne s’offre aucun répit : tradition, innovation, durabilité, chaque levier est exploité pour maintenir l’élan.
Quelles marques dominent aujourd’hui le classement des plus chères ?
En tête de classement, l’ordre ne bouge pas : Louis Vuitton écrase la concurrence avec 129,857 millions de dollars (Kantar), affichant une dynamique de 19 %. Hermès, fort d’un bond de 48 % sur douze mois, atteint 93,676 millions de dollars. La maison du Birkin s’impose comme une valeur refuge, loin des effets de mode.
Chanel complète le trio avec 60,152 millions de dollars et une croissance de 30 %. Son style intemporel, son parfum mythique, sa veste tweed : Chanel cultive une force tranquille et une empreinte commerciale puissante.
Juste derrière, Gucci (23,820 millions de dollars) tient le cap. Dior profite de campagnes marquantes pour dépasser 11,982 millions. Cartier, bijoutier et horloger de prestige, explose avec +51 % depuis 2022 pour atteindre 10,514 millions. Rolex, indépendante et admirée, stabilise sa valeur à 9,099 millions.
Le secteur automobile fait une percée remarquée : selon Brand Company, Porsche devient la marque de luxe la plus précieuse au monde, avec 33,7 milliards d’euros. Ferrari, malgré une légère baisse, reste solide à 8 milliards. En 2024, la scène du luxe s’organise autour de ces neuf maisons, oscillant entre héritage français et puissance industrielle.
Pourquoi certaines maisons atteignent des sommets inégalés en valeur
Un nom sur une devanture ne fait pas tout. Héritage, soin extrême du détail, main experte, récit maîtrisé : voilà ce qui distingue Louis Vuitton, Chanel, Hermès. Mais la tradition, seule, ne suffit plus à garantir la première place. En 2024, la réussite dans le luxe repose sur un équilibre subtil : capter l’air du temps tout en imposant son univers.
L’innovation irrigue chaque collection. Louis Vuitton multiplie les collaborations, investit la culture pop, orchestre des campagnes globales où l’on retrouve Cristiano Ronaldo et Lionel Messi réunis pour la Coupe du Monde. Hermès construit la rareté du sac Birkin, devenu objet de spéculation internationale. Cartier, lui, revisite la montre Tank Normale, oscillant entre tradition et avant-garde.
Pour comprendre cette dynamique, trois leviers s’imposent :
- Stratégie digitale : omniprésence sur les réseaux sociaux, contenus exclusifs, influenceurs et ambassadeurs triés sur le volet. Dior, par exemple, relance la légende Sauvage avec Johnny Depp.
- Contrôle de la distribution : boutiques en propre, expériences immersives, sélection drastique des points de vente pour entretenir la convoitise.
- Expansion internationale : percées en Asie du Sud-Est, croissance accélérée en Inde et en Chine, Paris restant la plaque tournante.
La créativité reste un moteur. Chez Gucci, les directions artistiques se succèdent, d’Alessandro Michele à Sabato De Sarno, renouvelant sans cesse la proposition. Chanel, de son côté, cultive sa légende, façonnée par Karl Lagerfeld puis par la discrétion des frères Wertheimer. LVMH orchestre la montée en puissance de ses maisons, maniant savoir-faire industriel et flair marketing.
À la découverte des marques émergentes qui pourraient bientôt tout changer
Un souffle neuf traverse le marché du luxe. Les marques émergentes bousculent les repères, imposent leur tempo. Nées à Londres, Paris ou Los Angeles, elles sont omniprésentes : dans les studios, sur Instagram, dans les coulisses des fashion weeks. Jacquemus, par exemple, revendique l’inspiration du Sud et la simplicité solaire. Susamusa, micro-label londonien, s’illustre par sa démarche écoresponsable et une esthétique tranchée.
La nouvelle garde ne se contente plus de revisiter les classiques. The Row, fondée par les sœurs Olsen, cultive la perfection du détail et le refus de tout logo tapageur. Corteiz, phénomène streetwear venu du Royaume-Uni, organise des ventes en séries ultra-limitées et rassemble une communauté fidèle. Fear of God, née à Los Angeles, fusionne tailoring et influences sportswear, multipliant les collaborations, notamment avec Nike ou Zegna. Ces maisons, parfois encore discrètes dans les classements, incarnent l’aspiration d’une génération en quête de singularité et de sens.
On peut citer quelques noms qui redessinent le paysage :
- Jacquemus : esprit solaire, influence digitale, ancrage dans le paysage méditerranéen.
- The Row : minimalisme sophistiqué, excellence discrète.
- Corteiz : radicalité, force de la communauté.
- Fear of God : hybridation stylistique, collaborations réfléchies.
Le mouvement dépasse la mode : Damson Madder s’illustre dans le prêt-à-porter responsable, et Off-White poursuit sa fusion des genres sous l’impulsion du regretté Virgil Abloh. Les géants historiques gardent la main, mais l’attention se déplace. Le luxe se redéfinit à chaque saison, aux frontières mouvantes entre héritage et audace. Demain, le sommet du classement pourrait bien changer de visage.


