Entre le Black Friday de novembre et les soldes d’hiver de janvier, le calendrier promotionnel français laisse peu de répit aux acheteurs. La deuxième démarque soldes 2026, prévue autour de mi-février, se retrouve souvent reléguée au second plan dans les stratégies marketing. Les données terrain racontent une histoire différente : moins de bruit publicitaire, des remises plus profondes et une audience plus qualifiée dessinent un terrain de jeu où la rentabilité peut dépasser celle du Black Friday 2026.
Coûts publicitaires et concurrence : deuxième démarque soldes face au Black Friday
| Critère | Black Friday 2026 | Deuxième démarque soldes 2026 |
|---|---|---|
| Volume de campagnes TV et digitales | Pic massif (selon l’Arcom, environ 1 200 campagnes diffusées) | Baisse significative des investissements média |
| Coût d’acquisition (retargeting) | Enchères élevées sur Google Ads et Meta | Enchères plus basses, meilleur ROI par clic |
| Profil de l’acheteur | Impulsif, sensible au FOMO | Plus qualifié, intention d’achat mûrie |
| Taux de retour produit | Élevé (achats compulsifs) | Plus faible (décision réfléchie) |
| Niveau de remise moyen | Remises encadrées par la marque | Remises plus agressives sur stocks résiduels |
Le tableau met en lumière un déséquilibre rarement mesuré. Pendant le Black Friday, la densité publicitaire fait grimper le coût par clic et noie les petites marques. La deuxième démarque offre un meilleur retour sur investissement publicitaire parce que la plupart des concurrents ont déjà coupé leurs budgets média.
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Pour un e-commerçant qui investit le même budget en février qu’en novembre, la visibilité obtenue est mécaniquement plus large. Le retargeting, notamment, performe mieux quand les flux d’annonces concurrentes diminuent.

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Algorithmes des marketplaces : comment Amazon priorise les stocks soldes de février
Les vendeurs tiers sur Amazon connaissent bien le phénomène. Pendant le Black Friday, l’algorithme de la Buy Box favorise les références à forte rotation et les vendeurs qui acceptent des marges très comprimées. La compétition sur les prix est frontale.
En février, la dynamique change. Les stocks résiduels de la première démarque arrivent sur les marketplaces avec des prix déjà ajustés. Amazon tend à prioriser les produits soldés disponibles immédiatement, car la plateforme optimise son propre taux de conversion global. Un produit affiché à moins 50 % avec un stock limité génère un signal d’urgence que l’algorithme valorise.
Ce que cela change pour les vendeurs tiers
Un vendeur tiers qui positionne ses invendus de janvier en deuxième démarque bénéficie de plusieurs leviers favorables :
- La concurrence directe sur sa catégorie est réduite, car de nombreux vendeurs ont déjà liquidé ou retiré leurs offres Black Friday
- Le coût des campagnes Sponsored Products baisse, car moins d’annonceurs enchérissent sur les mêmes mots-clés saisonniers
- La conversion augmente grâce à des acheteurs qui comparent depuis plusieurs semaines et arrivent avec une intention d’achat précise
Ce mécanisme crée un avantage caché : le vendeur tiers qui planifie sa stratégie de stock sur deux temps (première démarque en boutique, deuxième démarque sur marketplace) capte une demande résiduelle à moindre coût.
Saturation post-Black Friday et comportement d’achat en deuxième démarque
Les retailers qui analysent leurs données de vente observent un phénomène récurrent. Après le Black Friday et les fêtes de fin d’année, les consommateurs traversent une phase de fatigue promotionnelle. Les soldes d’hiver démarrent en janvier, mais l’appétit pour les bonnes affaires reste modéré durant les premières semaines.
C’est à partir de la deuxième démarque que l’intérêt se réactive. Plusieurs facteurs l’expliquent. Les premières paies de l’année sont arrivées. Les cadeaux de Noël inadaptés ont été retournés. Les consommateurs savent que les remises les plus profondes apparaissent en fin de période.
Une affluence plus qualifiée en boutique physique
Des enseignes comme Kiabi rapportent une hausse qualitative de la conversion en boutiques éphémères lors de la deuxième démarque 2026. L’affluence est plus faible qu’au premier jour des soldes, mais le taux de conversion en boutique augmente parce que les visiteurs viennent avec une idée précise de ce qu’ils cherchent.
Cette donnée a une implication directe pour les marques qui arbitrent entre Black Friday et soldes. Le Black Friday génère du trafic massif avec un taux de conversion dilué par les curieux. La deuxième démarque attire moins de monde, mais chaque visiteur a une probabilité d’achat supérieure.

Stratégie de tarification : marge nette en Black Friday comparée aux soldes de février
Le Black Friday impose un cadre de remise dicté par le marché. Une marque qui propose moins 20 % quand ses concurrents affichent moins 40 % perd en visibilité. Cette course aux pourcentages comprime les marges sans garantie de volume suffisant pour compenser.
En deuxième démarque, la logique s’inverse. Les produits encore en stock sont souvent des fins de série ou des tailles dépareillées. Leur coût de stockage devient un problème. Vendre à marge réduite en février coûte moins cher que stocker jusqu’à la saison suivante. La remise agressive n’est plus une concession : c’est une optimisation de trésorerie.
- Le coût de stockage d’un article textile entre février et septembre dépasse souvent la perte de marge liée à une remise supplémentaire de 10 à 20 points
- Les frais logistiques de retour en entrepôt et de reconditionnement pour la saison suivante s’ajoutent au coût de stockage
- Un article vendu en deuxième démarque libère du capital pour les achats de la collection printemps-été
Pour les marques qui raisonnent en marge nette (et non en marge brute affichée), la deuxième démarque soldes 2026 présente un profil de rentabilité plus favorable que le Black Friday 2026 sur les références à faible rotation.
La différence entre ces deux temps commerciaux ne tient pas au pourcentage de remise affiché. Elle tient au coût réel de chaque vente : coût d’acquisition client, coût de stockage évité, taux de retour produit. Sur ces trois indicateurs, la deuxième démarque de février produit des résultats plus nets pour les vendeurs qui mesurent leur performance au-delà du chiffre d’affaires brut.

